Sac'ados

Ca sent bon la fin du trimestre, et c'est pas dommage. Avec les quelques petits gros soucis que j'ai actuellement, j'attends les vacances avec impatience... Mais ça, c'est pas sur ce blog que je vais l'écrire...
Oui, le trimestre se termine et les sacs se posent... bye bye mes étudiants. Ce trimestre encore j'ai eu des ados, et c'est pas toujours de la tarte de les maintenir réveillés 3H, surtout un dimanche matin ( vous connaissez la chanson, "un dimanche matin..."). Bref, j'ai souvent ramé.
Pourtant, ça se passe bien pour eux. C'est ça qui tique avec les mômes, tu sais pas s'ils t'aiment bien ou pas... Ce matin, j'ai eu le droit à des gâteaux et à des messages personnels d'au revoir pour ceux qui ne reprendront pas en juillet. C'est sympa quand même !

Je passe les anecdotes, les coups de sang et le paracétamol absorbé pendant ces semaines pour vous proposer 2 activités qui ont cartonné fort ce trimestre ( je répète souvent le mot trimestre n'est-ce pas ?)
La première a été la production d'une pub' à partir de documents déclencheurs de type publicité ( logique, non ?). Pour les plus forts : un travail original, pour les autres : la possibilité de s'inspirer plus ou moins des pubs' que je proposais. J'ai pu trouver 2 pubs' françaises à Bkk... En première partie, analyse de doc : " Qu'est-ce qu'il y a dans une publicité ?" --> une photo, un petit texte ( slogan pour les plus intuitifs), des informations ( site web, tél...) et l'universel 'logo'... Ensuite, tu les mets par deux et tu mélanges bien jusqu'à obtenir une pub' bien dorée... Pour le slogan, j'ai repris les objectifs du niveau : exprimer le goût (j'aime, j'aime pas) à l'aide des consignes de classe ( "écoutez", pour un CD, "regardez", pour un film, "mangez", parce qu'on est en Thaïlande...), et des expressions comme " c'est super, c'est original, c'est génial... "
A la clef, une expo' sur les murs de la classe.
La deuxième activité a demandé plus de temps. M'appuyant sur le livre de classe, Le Nouveau Taxi, et de la double page sur Marseille, j'ai proposé aux Razmokets de me faire une brochure touristique. Pour certains, ça a été Bangkok (moyen...) mais d'autres sont allés à Paris, Londres, Tôkyô et... Mars, voyage en soucoupe ou fusée, avec des cours de martien pour les touristes... Une nouvelle fois, j'ai exposé le boulot des piou-pious... c'était excellent. Surtout qu'il faut les motiver, la semaine prochaine, on termine vraiment le trimestre avec un test de derrière les fagots !

I like it like that (2)


Cette fois, nous nous plongeons dans l'univers du shopping, avec nos deux mêmes étudiants, Beam qui va aller en France très bientôt et sa camarade Bo :

Bo : Ah, c'est Gucci, je veux des sacs, des blousons, des porte feuilles et des chaussures !
Beam : tous les sacs te vont très bien !
Bo : c'est chouette, Biensûr parce que je suis belle !
Beam : Oh la la, Ah ! ces chaussures sont très chics !
Bo : Elles ne te vont pas bien mais elles me vont très bien, je veux 30 chaussures.
Beam : Quelle taille tu fais ?
Bo : Je fais du 44 peut-être du 46.
Beam : Ah ! oui Et tu veux quoi en plus ?
Bo : biensûr je veux 2 porte feuilles aussi. Vuitton bien sûr !
...
Bo : tout ça fait combien ?
Beam : environ neuf mille euros.
Bo : Ah ! c'est pas cher, c'est très bon marché.
Beam : voila !allons chez nous maintenant.


Juste un petit mot quand même pour dire que ces activités orales découlent du Nouveau Taxi !que je teste en ce moment pour les ados de l'Af de Bangkok.
A vrai dire, si les dialogues sont assez difficiles d'accès ( surtout pour la leçon 7, où il est très difficile de faire la différence à l'oreille entre la vendeuse, la cliente et sa fille, et où le vocabulaire et les expressions sont pour certaines plus que passés de mode), un bon prof peut trouver certains éléments moteurs qui fournissent de quoi alimenter une production plus que satisfaisante...
Quant au reste de la double page, passons les éternels tableaux de grammaire que la méthode n'aurait pas dû intégrer ainsi que les insipides exercices du Cahier d'exercices. Je salue néanmoins le DVD-ROM qui permet, grâce à la correction intégrée, de travailler en autonomie.
Une méthode pas meilleure que l'ancienne ( d'ailleurs, la vidéo est la même), mais tout de même plus riche et exploitable que certaines autres daubes... ( non, non, je ne citerai rien, il suffit juste de lire le 3è ou 4è billet sous celui-ci ! ).

I like it like that

Aujourd'hui, classe de Débutants, grands ados et adultes. On a travaillé la description physique et les vêtements ( avec le cours sur le shopping de demain...) pendant la première partie des 3 heures de cours.
La consigne était la suivante : vous faites connaissance sur msn avec une personne. Vous ne voyez pas sa photo. Vous vous décrivez, et parlez de vous ( ça, c'était en option, pour les plus audacieux...)
Pour les profs encore frileux des contacts informatiques ( je vise plein de gens, et oui, j'aime faire chier mon monde parfois...), voici le rendu de deux lycéens ( qui ont choisi de s'appeler Patrick et Sylvie) en école privée ( je vous rappelle que je suis en Thaïlande) :
P : Bonjour ! Comment tu t'appelles ?
S : Je m'appelle Sylvie, et toi ?
P : Je m'appelle Patrick. Tu es Européan ?
S : Non, je suis africaine. Je suis belle et très sexy !
P : Oh ! c'est super ! moi aussi. Je suis très beau. Qu'est-ce que tu fais ?
S : Je suis soldat et toi ?
P : Je suis infirmière ! --------> on avait vu les métiers en uniforme plus tôt, j'ai pas pensé au masculin !
S : Pourquoi tu es infirmière ?
P : Pare que j'aime beaucoup l'uniforme.
S : Comment est ton uniforme
P : Ah ! c'est chic ! Il y a une blouse rouge, une mini-jupe jaune et des talons hauts, ça me vas très bien ! et toi?
S : Je porte toujours le blouson, le bermuda et le petit chapeau.
P : Ah ! oui, c'est bien et tu as quel âge ?
S : J'ai soixant-dix ans et toi?
P : J'ai dix-huit ans.
S : Oh la la, tu es très jeune.
P : Te es très vielle mais c'est pas grave ! tu es sexy. Ton âge est égal à ma grande-mère, peut-être tu peut être ma deuxième grande-mère ?
S : Oui, je peux. Il est temp de sortir.
P : Au revoir, je te penserai.
S : Bisous, bisous
Notes du prof :
1. J'ai conservé ici toutes les fautes pour rendre le texte plus vivant.
2. Ne me dites pas qu'Internet tue la comm' écrite... c'est faux !
3. Censure : dans le texte originel, Patrick a 8 ans, mais là, j'ai pensé qu'il fallait vieillir un peu le personnage...
4. Bien sûr, toute la classe a été plus que réceptive, c'est pourquoi j'ai fait passer le binôme en dernier !
5. Pis pour les puristes de l'écrit... je vous dirais bien d'aller... mais je reste poli !
Merci à ce très sympathique groupe de Débutants, pas si novices que ça par ailleurs !

Stage TICEs

Chère Farida,

voilà bien longtemps que je n'avais pas pointé ma figure ici... Faut dire que y'avait pas grand-chose de neuf sinon quelques petits évènements loin de FLEland.
Cette semaine, l'AF de Bkk a pu profiter d'une très bonne formation proposée par l'AF de Paris en la personne de toi, Farida Zeggagh-Wuyts, ce qui me donne envie de noircir mon blog. C'est vrai que je ne suis pas toujours très au fait du jargon pro (même dans mon propre boulot), et je ne savais pas ce que voulait dire TICE avant de recevoir le mail confirmant ta formation. J'avoue qu'au moment où j'écris, j'ai oublié une fois de plus ce que ça voulait dire, mais ça n'empêche que j'ai gardé l'essentiel de ce que ça pouvait m'apporter...
Puis, l'habit ne faisant pas le druide, c'est pas parce que je ne sais pas ce que ça veut dire que je ne comprends pas ce que c'est. Oui, j'utilise le matos informatique et tout ce qui tourne autour depuis que je suis prof de FLE, et oui, je suis addict à ça... jusqu'à penser utiliser ma DS avec des plus jeunes pour animalcrosser en français ( pour les novices d'Animal Crossing, voyez la photo...). A ce titre, je suis rassuré dans mon ambition ludico-cyber quand tu m'as parlé de ton utilisation ( certes passée, mais importante) des Sims en classe.
J'ai donc bien compris qu'on pouvait utiliser toutes sortes de website pour animer les cours, même si, pour le moment, je ne me suis tourné que vers les sites dits FLE comme Point du FLE ou Polar FLE... On a donc parcouru divers sites ( tourisme, vente online, journaux - bien évidemment -...) pour mettre au point diverses stratégies et divers cours...
Faut dire qu'on a une sympathique salle info à l'AF et que c'est une bonne occasion pour moi de l'utiliser...


Aux dernières nouvelles ? J'utilise toujours Internet avec mes étudiants pour leur donner des CO sur Youtube, des simulations de voyages sur sncf.com, des simulations d'aides sociales pour les étudiants en partance sur le site de la CAF ou des PE sur Facebook... après ça, ça demande plus de temps de créer un blog tous ensemble, mais pourquoi pas... je suis 'open' de toute façon.
Merci beaucoup Farida pour m'avoir non seulement filé des infos pratiques, mais aussi donné une espèce de nouvelle liberté quant à l'usage d'un ( mauvais ) bouquin de classe...
Merci aussi pour cet apéro improvisé ensuite au All Seasons près de l'AF...
J'espère te re(ce)voir bientôt...


Mathieu




Coup de griffe, coup de coeur

A la question suivante : " Qui peut être reconnaissant envers un professeur pour ses bons et loyaux services?" je répondrai tout à trac, sans réfléchir ; "ses supérieurs" pour lesquels, en échange d'un salaire plus que modique dans l'hexagone et quelques autres parties du monde, il doit, outre ses fonctions d'enseignant, assumer le plus souvent des responsabilités administratives ( gérer et garder le client, lui fournir les EDT personnalisés, lui dire quand payer...) et diplomatiques comme essuyer les merdes de gestion, de placement, d'augmentation de prix, mais aussi de portes fermées pendant 30 mns... être celui qui doit s'excuser humblement devant les étudiants, heureusement pas toujours dupes !
Sans les citer, je prendrai l'exemple de quelques établissements que j'ai fréquentés à Paris, la ville lumière où tout est permis. Je me souviens de cette école où il y avait tellement peu de contact entre les directrices péda et admi que non seulement les profs mais aussi les étudiants en subissaient les conséquences. Un lundi que je guerroyais ferme pour obtenir un studio dans la capitale, je suis arrivé 10 minutes en retard à cause d'une grèvedemétroesque anicroche. Accueil cordial de la diradm. (qui ne mérite pour nomination que ce bâtard enchâssement de mots techniques) " Ah, comme vous êtes en retard, les étudiants sont tous partis, alors, vous ne serez pas payé"... Sauf qu'une jeune femme m'attendait dans la salle... et moi, tout penaud mais bon prince, rasséréné par l'oeillade compatissante de ma directrice pédagogique, je suis allé animer mon atelier d'écriture...
Plus tard, dans une autre pompe à fric de cet acabit, le troupeau estival que nous formions les autres profs bouche-trous et moi a été remercié avec un cordial "c'est la quille"... Payé à 12 euros de l'heure, dans des classes parfois surchargées, c'est pas vraiment ce qu'une fourmi comme moi attend de sa "mama-san"... je me souviens encore des critiques des étudiants ( qui ensuite, se sont tous barrés à La Sorbonne...) : les portes régulièrement fermées, équipe admi plus que réduite en été, qualité du matos ( un magnétophone poussif et une antique télé), taille des classes (un hôtel particulier, allez faire cours dans des chiottes vous !). J'en passe, et des bien pires ! Et toi le bouclier, le tamis à merdes, le garde frontalier...
A la question "où le prof doit-il trouver sa récompense?" c'est bien plutôt chez les étudiants que j'aurais envie de répondre.
Naïvement, voir un étudiant progresser, ça fait plaisir. Passer du temps à l'aider pour les papiers administratifs et le préparer à lutter chez les flics de France pour un tampon lui garantissant 6 mois de plus sur le plancher des vaches, c'est pas mal du tout...
Mais plus honnêtement, c'est vraiment sympa de recevoir des cadeaux et des invit' pour vous signifier que votre travail a pu apporter quelque chose de réel, autant sur le plan purement linguistique et communicatif que sur le plan humain. La reconnaissance, je la puise dans le sourire et les cadeaux de mes étudiants, quand ceux-ci, à 16 ans comme à 30, se regroupent pour écrire une lettre à l'administration pour ne pas changer de prof ; quand ils restent avec toi un peu après le cours parce que ce jour-là tu as été moins bon et qu'ils ont capté que t'allais mal ; quand tu es convié à des soirées et que tu comprends rien mais que tu ne souhaites pas rater parce que c'est aussi important pour eux que pour toi...
Alors, plutôt que de sacrifer à des rites qui me font vraiment mal au cul parfois, je voudrais remercier Petch pour le magnifique sac PUMA qu'elle m'a offert hier, ainsi que le jeune Tharit pour le confiseries de ce matin...
Merci à tous mes étudiants de l'AF pour ces trois derniers mois et j'espère pouvoir continuer avec certains d'entre vous !
Time will tell...

Intervention !

Expérience, faudrait plutôt dire billet d'humeur !
Son Altesse Sérénissime J-P. B. est venu à l'AF de Bkk pour nous présenter sa méthode intitulée "Alors?".
Qui est le personnage...? Figurez-vous que cette boule de vanité a monopolisé les 6H de la formation pour nous infliger son cursus universitaire, ses diplômes ainsi que les détails de sa profession au quotidien... Ne manquait plus au tableau que son emploi du temps au jour le jour; j'aurais, en effet, apprécié de savoir à quelle heure il se torchait chaque matin (c'est pas de moi, mais de Rabelais...).
Bureaucrate qui, en une seule matinée, a présenté à des enseignants le plus souvent compétents sa méthodologie dite "ordinaire" à grands renforts d'aphorismes et de sophismes, ratant ici et là, un subjonctif qui aurait dû suivre un "il faut que", semant, à tous vents, des termes techniques, ô envolées combien lyriques, justifiant, ainsi, sa chair(e)... Mais quid des parenthèses et des extrapolations infertiles...?
Coupable d'une méthode plus que moyenne marquée par la récurrence d'erreurs phonétiques et, pis encore, communicatives, prenant, criminel infâme, pour alibi les excellents formateurs de Sorbonne Nouvelle que j'ai connus, le bonhomme s'est vanté de n'avoir jamais lu de méthodes autres que les siennes. Dommage, il aurait ainsi pu éviter les 100 dérives qui agrémentent les mauvais dessins. Une phonétique minable, dis-je, qui trouve pleine explication par le fait que le gaillard s'écoute davantage qu'il ne prête l'oreille aux autres. Nous avons compté pas moins de 8 "Moi, je" d'amorce éructive en l'espace de 10 minutes, éructation scandée par un aboiement lepénien violent et agressif !
A la question :" Un prof a-t-il besoin d'une méthode pour faire cours?" je propose un parler vrai : " l'enseignant a-t-il besoin d'un bureaucrate bouffi d'orgueil pour lui dire quoi faire?". Certes, non !
Maintenant, qu'est-ce que la méthodologie ordinaire proposée par le joyeux luron?
Une espèce d'ersatz de méthodo. communicative mais dont - merveilleuse prouesse - l'innovation consiste à créer un échantillon de documents semi-authentiques pour le rendre compréhensible. Voilà le postulat totalement inédit qui a bouleversé ma matinée !
Plus sérieusement, en grattant un peu ( et il faut le vouloir, je vous assure, "j'en tire encore la gorge") on a vite fait d'entendre, entre deux hurlements de fureur ( ah, homophonie !) que pour demander une PO, le prof ne peut que proposer une première PO car, si le pauvre imbécile proposait une CE, la cosmétique du FLE se trouverait bouleversée !
Soyons sérieux, évitons tout écueil de vulgarité, mais quelle espèce d'oiseau faut-il être - un butor? - pour dire à des professionnels du terrain ( et non de la chaise en cuir épousant un éminent derrière) que pour faire de la PE faut proposer une PE, pour faire de la PO il faut une PO et tout le gouspin ( j'avais prévenu, pas de vulgarité!).
Vous avez compris la méthodologie "ordinaire" : l'art de faire du neuf avec du vieux et du bon, s'en approprier les mérites en, pire de tout, en être fier ! Et dire qu'il bouffe avec ça ! C'est honteux Monsieur B !
Je félicite mes collègues plus téméraires d'être restés jusqu'au bout ! et dire que je ne devais pas bosser avant 18 heures ce jour-là!

Je n'aime pas mes collègues...

... je veux dire d'un point de vue professionnel, bien évidemment.
... je veux dire, certains d'entre eux, bien évidemment.
En ce moment, l'AF de Bkk ( oui, je parle par clés... pour ne rien trahir), oragnise une formation "réfléchie" (enfin, normalement, c'est ce qui fut prévu à l'origine) au sujet de la plus que mauvaise méthode "Alors?", torchon qui aurait dû nous être soumis à tous avant d'être adopté... Mais laissons de côté ces pratiques qui ne concernent pas les enseignants puisque, bien évidemment...
... un enseignant n'a pas besoin d'un manuel pour faire classe.
D'emblée, deux groupes se sont formés: les "pour" et le "contre", car je ne peux compter les indécis, ceux qui n'ont - pour toute conscience professionnelle - que le souci d'en faire le moins possible en un temps record.
Donc, pour reprendre et répondre à un post du sulfureux "Acide fle", je voudrais clarifier quelques points qui me semblent importants.
Certes, un bouquin est un "tue-parole" dans la mesure où il sert de bouclier. Mais là où je peux pardonner à l'apprenant de vouloir se cacher ( candide pudeur !), je ne saurais l'accepter d'un prof de FLE dont le rôle est de rendre la langue vivante.
Ce que je peux reprocher à ce post, c'est le manque de largesse qu'il prend face à la méthode : si le livre est souvent rébarbatif (puisque toujours construit de la même façon), il est néanmoins rassurant pour les débutants, et on sait que bien souvent, à l'étranger, c'est le public principal ! Oui, je suis "pour" un livre en classe, mais pas forcément une méthode. Je ne vends rien, mais pourquoi ne pas proposer un achat utile comme une Grammaire des premiers temps...
Quant à légitimer la méthode en affirmant qu'elle offre des supports, je crie au scandale ! et là, je suis d'accord avec acide FLE. Fi des collègues qui suivent la double page de la première à la dernière ligne, je préfère souvent créer ou faire créer les documents qu'on critique, exploite et expose en classe ! Certes, ça prend du temps, mais c'est plus intéressant que de se taper pendant 5 ans la bonne Angèle qui raisonne son fameux : "par devant ça rentrera jamais, mais par derrière, c'est possible" ( Reflets 2).
D'où, question, comment se passer d'une vidéo? Ben, évidemment, si les nouvelles méthodes n'en proposent plus, il est toujours possible de bosser avec des doc authentiques et des VDO qui ont fait leur temps, bien que... je suis toujours accroc des premières images de "Bienvenue en France"... allez trouver une aussi magnifique Jaz maintenant ! Le problème de la vidéo du manuel est qu'elle est trop linéaire... Autant se taper les telenovelas ou pourquoi pas Les Feux de l'amour (mais non, c'est pas de l'auto-parodie!).
En même temps, ce que je peux concéder au livre, c'est qu'effectivement, il évite les photocopies de masse... les papiers volants. On est bien d'accord pour dire que des mots qu'on n'écrit pas soi-même sont moins agréables à regarder. D'où la prépondérance de la copie, de la mémorisation et de la mémoire photographique... De fait, pour cela, pas forcément besoin d'un livre... J'avoue que je fais pas mal copier mes étudiants... Je corrige leurs cahiers, je les reprends, je découpe, je colle... Et que ceux qui pensent que c'est pas leur boulot aillent au Diable ! C'est mon job à moi !!
Rappel fondamental : un apprenant est une personne inférieure en ce sens qu'elle est en position de demande. Un apprenant est une personne vide dans ce sens qu'elle attend qu'on la remplisse d'une nouvelle langue. Mais un apprenant n'est pas un bourricot... C'est donc MA responsabilité de mener à bien ses débuts dans l'apprentissage et c'est pas un livre qui pourrait le faire à ma place !
Là où je suis encore une fois d'accord avec l'idée du livre, c'est qu'il permet une certaine cohérence à l'intérieur d'un établissement. S'il s'agit d'aligner les savoirs et les compétences, un bouquin peut aider. Mais là encore, pour les moins paresseux, il suffit d'établir une ligne de progression acceptée à l'unanimité du personnel enseignant.
Vient alors un long paragraphe sur l'exploitation de la méthode... je ne suis qu'en partie d'accord avec l'auteur d'Acide Fle qui prend trop vite la mouche et s'embrouille dans la métaphore anatomique... mais ce qu'il a oublié, c'est que justement, ce jargon rococo n'a d'autre but que d'endormir les mauvais profs qui se cachent derrière le livre. Je dis : l'art de remplir avec du vide, c'est là tout l'objet d'un guide péda, et je vous parle pas de celui d'"Alors?".
Donc, M. Acide, je pense qu'il ne faut pas s'emporter dans une analyse ce cet effet de style stérile... ça n'en vaut pas la peine... Ce qui me paraît le plus pertinent, c'est qu'effectivement, tous ces propos pro-manuels sont ceux des vendeurs de livres, de bureaucrates fle qui n'ont pas décollé depuis mai 68 et qui utilisent leur jeune stagiaire hongroise pour faire le sale boulot ! De fait, une fois qu'on a compris ça... on se dit qu'il fait bon d'être prof de FLE quand on a la possibilité de préparer librement ses activités...
Mais là où M. Acide délire complètement c'est quand il affirme :
« le manuel peut-il avoir pour vocation de guider les enseignants ? » La réponse est une fois de plus on ne peut plus claire : « Oui, l’utilisation d’une méthode peut être l’occasion pour le professeur d’une formation ou d’une auto-formation sur de nouvelles approches, de nouveaux objectifs et d’une remise en question de sa pratique de classe. » Ce qui est supposé ici, pour la énième fois dans le rapport, c’est la supériorité toute naturelle du manuel sur les compétences de l’enseignant. Ce dernier étant invité poliment à une « remise en question de sa pratique de classe » par le manuel. Mais quid de la remise en question du manuel par l’enseignant ?"
Là, il me paraît évident que les auteurs de méthodes ont raison : une méthode est l'occaz' de se remettre en question sur ses pratiques de classe. Parce que, mon coco, tu DOIS te remettre en question très souvent... Le sourire des étudiants n'est pas toujours la garantie de ta capacité à enseigner !
Attention, je ne veux pas dire que la méthode est meilleure qu'un prof, ce serait renier les lignes précédentes : non, je pense sincèrement que la formation raisonnée qu'on a sur "Alors?" est très utile car elle me permet de trouver des nouvelles activités ( tout n'est pas à chier quand même M. Acide) et surtout de penser mes cours et panser mes erreurs péda. Alors, prends bien le temps d'éplucher et d'exploiter quelques méthodes en classe, c'est très formateur.
Pour le reste, je suis d'accord avec toi... une méthode c'est pas nécessaire. Mais en connaître un max' ça permet de faire encore mieux ton travail... Nous ne sommes qu'enseignants. Et là, je clame très haut la restriction, nous ne sommes que profs...
"D’un autre côté, je ne peux imaginer que cette prise de position soit consciemment choisie. Peut-être s’explique-t-elle par un préjugé provenant de notre civilisation de l’écrit, qui suppose que le vecteur normal du savoir est le livre, disqualifiant a priori toute forme d’enseignement oral. Ce qui pose évidemment un petit problème lorsqu’il s’agit d’enseigner précisément un savoir oral comme une langue."
Là encore, tu vas trop loin. Oui, nous sommes une société de l'écrit, et un apprenant en français doit en avoir conscience, au même titre que si tu apprends le suisse allemand, tu sais que tu ne pourras pas l'écrire. La langue française vit par-delà l'oral, elle vit dans l'écrit, dans la lecture et ceci, tu dois l'apporter aux étudiants. Et certains livres peuvent t'aider et te filer de bons exercices... Puis n'oublie pas les étudiants qui passeront des exam', qui veulent étudier en France, là où l'écrit est roi.
Là encore, tu tombes dans l'extrême en opposant écrit et oral alors qu'en français ils sont complémentaires. S'il y a des producteurs de méthodes qui ne font pas la différence, toi, tu dois la faire et c'est ton travail d'enseigner à la fois l'écrit et l'oral... Une langue n'est pas qu'un savoir oral... je ne suis pas d'accord avec toi !
J'aime les questions qu'a soulevées la lecture de ce colloque, mais je pense que tes réactions sont trop extrêmes et passionnées... et c'est mauvais pour le travail !
J'attends la suite de ton blog, dans des articles plus sympas que les derniers qui sont utiles, simplement utile.

Let me break the ice...

Salut,
comment ça va. Moi, ça va plutôt pas mal. "Comme ci, comme ça" ( comme enseignent les mauvais profs de FLE toujours pas remis de mai 68).
Bref, mon super prof adjarn Mathieu m'a proposé des activités sympas pour ne pas que je m'em... dans ses cours. Lis bien, ça pourra t'aider :
Comment faire parler les élèves les plus timides ou faibles...
Je vous propose des jeux de groupes. POURQUOI.
1. Parce que le jeu retire le stress ; je joue, alors je ne pense pas à mes erreurs...
2. Parce que le groupe permet de mettre tous les élèves au même niveau. Les plus faibles ne se sentent pas rejetés.

A. Quelques jeux que ja pratique en classe avec mes adolescents ( Débutants) :

1. "Le Mémory" : sur un thème commun ( les vacances, les courses...), les élèves doivent donner un mot pour compléter la liste.
Situation : "Je pars en vacances, je prépare ma valise". Le premier élèves commence ; " Dans ma valise, je mets un jean."Le deuxième : " Dans ma valise, je mets un jean et un t-shirt."Ensuite : " Dans ma valise, je mets un jean, un t-shirt et des lunettes..."
Situations : "je vais au supermarché", "je prépare le repas" ...

2.Le jeu du ballon ( ou de la balle) est excellent pour utiliser et mémoriser la grammaire : chacun envoie la balle à un camarade en posant une question. Le camarade réceptionne et répond. Puis, il jette la balle en posant une question. Facile, non?

3."Qui suis-je?" : Sur la table de chaque élève; il y a un papier avec le nom d'un de ses camarades.Tour à tour, les élèves font des hypothèses. Si l'hypothèse est bonne, il peut en faire une autre. Au début, c'est facile :"Je suis un garçon"--> oui--> "J'ai 15 ans"--> non... stop !"Je suis thaï"--> oui--> "je suis une fille"--> oui"-->"J'ai 14 ans"--> oui-->"J'ai les cheveux longs"--> non... stop !
--> Bien sûr, il y a des hypothèses faciles et logiques ("je suis thaï"...), mais ce n'est pas GRAVE... Les élèves les moins forts participent et écoutent et peuvent utiliser les hypothèses entendues.

B. Comment choisir ou rendre des activités motivantes ?
1. objectifs clairs : précisez le déroulement de l’activité, mais aussi, à la fin, les actes de parole : "Maintenant, vous pouvez vous présenter..." par exemple
2. variez les thèmes et le type d’activité pour toucher tous les élèves
3. prévoir un support visuel pour aider ( pour avoir des idées)
4. des activités en interaction avec les autres membres du groupe (les élèves se parlent et parlent avec le professeur)
5. du divertissement : documents amusants, pour travailler dans une atmosphère détendue
6. des activités centrées sur eux, leurs opinions, leurs intérêts, etc.
7. des questions ouvertes mais simples : plusieurs réponses possibles donc plus de participation.

Le professeur doit faire attention à ses choix :
1. s’assurer que l'activité est utile sinon le jeu perd de son intérêt.
2. s’assurer que le niveau de production est légèrement inférieur à celui exigé lors de la leçon. Le vocabulaire requis doivent être acquis ou immédiatement disponible pour faciliter la communication (support visuel) ;
3. donner des consignes claires et courtes.
4. aider l’apprenant à faire un travail d’acteur : leur donner une autre identité, parce que s'il est quelqu'un d'autre, il n'a pas peur de faire des erreurs... ce n'est pas lui !

Voilà, j'espère avoir vite de tes nouvelles. Je te manque,
M.D

Pour rendre la phonétique moins chiante !

On sait tous que la phonétique, c'est pas le plus jouissif dans le travail de prof de FLE. Alors, que faire pour rendre l'épreuve moins difficile à avaler?
Voici un échantillon de ce que je propose, et ceci quel que soit l'âge des apprenants. Attention, j'annonce la couleur, je ne propose que des jeux !
1. Pour les rapports graphie-phonie,
- j'utilise le jeu du labyrinthe selon lequel vous tracez une grilles parsemées çà et là de mots dont le son est récurrent. Pour se sortir de l'embarras, il faut suivre le même son... facile non?
- autre moyen, et je remercie ma collègue Andrée, il suffit de travailler les prénoms français. Pour les plus jeunes, je suggère simplement de donner à chaque élève la possibilité de se trouver un prénom français. Puis, on joue à se présenter. "Bonjour, je m'appelle ... , ça s'écrit..."
2. Pour soigner les difficultés, outre les méthodes "médicales" (verbo-tonale, qui marche super bien, ici en Thaïlande) il y a les méthodes de maman :
- le fouetter de la main ( mais non, pas sur la gueule !) et les flèches pour l'intonation
- le doigter ( no comment) pour les liaisons et les enchaînements...
- le trancher pour les syllabes
C'est aussi un bon moyen, surtout pour remédier au problèmes de rythme et d'intonation.
Voici un lien pour les techniques scientifiques que je n'ai pas besoin de conseiller ( vu que c'est pas de moi. 'fin, j'veux dire tout s'que j'propose c'est pas que d'moi, mais c'est pas toujours connu d'tous. Les meilleures idées, elles viennent souvent avec l'expé !) :
3. Quelques conseils en sus :
- Ne pas hésiter à enregistrer et filmer les apprenants si possible. Quand je me rends compte de mes erreurs, c'est parfois plus rapide de se corriger.
- Ne toujours corriger qu'une seule erreur à la fois si vous voulez pas que les pioupious abandonnent !
- Ne jamais faire travailler tous les apprenants en même temps. A moins que vous ayez 234 oreilles !
- Savoir marquer les priorités dans l'apprentissage :
a. Le rythme et l'intonation
b. Les liaisons et enchaînements
c. Les sons...
A chacun son rythme.
Et même si ça soûle, c'est souvent super drôle quand 15 personnes répètent après vous, même le "merde" instinctif qui exprime votre découragement perso.
Ô pauvre mortel !

Formation de professeurs


Finalement, ca blog va plutôt devenir un www.maviefle.com... Encore une fois, je vais raconter une expérience qui vient de se terminer.
Les deux dernières semaines, j'ai effectué une formation dont le public n'était autre que ... ... les professeurs de français thaïlandais. Cette fois, le public était plus restreint : une quinzaine d'enseignants venus de tout le pays. Nouveauté ! la majorité n'avait pas encore 30 ans !

Ce fut une excellente quinzaine tant sur le plan professionnel que sur le plan humain.
Outre le programme - "La communication en classe de français; préparer les élèves au Delf scolaire à l'oral ( CO et PO)" - j'ai voulu tester un nouveau moyen de travail : faire fonctionner les professeurs par paire : les plus expérimentés avec les plus novices.
Si l'on connaît la culture thaï, on sait que le respect des plus anciens "adjarn" est de rigueur. Mais cette fois, je me suis rendu coupable d'un mix qui fait que ce furent les plus jeunes qui offraient davantage de renseignements et de conseils.
Mention spéciale à a. Chaiwat (...) qui a étudié en France et dont les méthodes de phonétiques sont excellentes (quand on sait les différences entre les systèmes français et thaï).
J'ai bossé avec une collègue : mon travail perso a consisté à travailler la communication générale et la phonétique, sujet pour lequel j'ai récemment été formé... Sympa de trouver un accueil si chaleureux et très amusant pour moi de voir des profs qui se prêtaient au jeu...
Centrés sur leurs propres difficultés, chacun a pu développer et proposer ses propres compétences.
Merci à tous... ce fut une expérience que je n'oublierai pas de sitôt!